« Le rabot ne sert à rien, il faut changer les modèles » : c’est ainsi que l’économiste Nicolas Baverez a introduit l’édition 2026 du Congrès CHAM, rendez-vous annuel incontournable du monde de la santé. Trois ministres sont intervenus à cette occasion : Stéphanie Rist, ministre de la Santé, qui a longuement échangé avec de jeunes professionnels de santé, Roland Lescure, ministre de l’Economie, et Camile Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes handicapées. La phrase de Nicolas Beverez s’applique parfaitement à la santé où, faute d’opérer les transformations pertinentes et nécessaires, les coupes budgétaires tiennent lieu de stratégie.

Un mot est revenu sans cesse au fil des tables-rondes : « évaluation », l’un des grands impensés de notre système de santé. Un autre terme a constitué un repoussoir : « complexité ». Avec un constat sans appel : notre pays préfère multiplier les structures, les procédures et les normes, dans une sorte de fuite en avant qui fait l’impasse sur les analyses d’impact, la mesure du service rendu aux patients et le calcul des résultats.

Cette complexité excessive engendre une dilution des responsabilités et de fait un affaiblissement de l’action publique. Plutôt qu’un contrôle a priori, les intervenants de CHAM ont largement plaidé en faveur d’une évaluation a posteriori, fondée sur la confiance à l’égard des acteurs et des initiatives de santé.

Le nouveau directeur de la DGOS, Hugo Gilardi, a convenu de la nécessité de simplifier les environnements pour mieux remplir les missions de soins, en intégrant un principe de « sobriété » dans les décisions législatives et réglementaires.

En surplomb de tout cela, émerge l’impérieuse nécessité de redonner une vision et un cap aux politiques de santé, en définissant des priorités claires structurant les politiques publiques ; avec un Etat-stratège qui sache fédérer toutes les forces en présence. Je suis intervenu pour dire l’importance d’une logique d’association de tous aux missions de service public, dans un cadre de reconnaissance également répartie.

Comme l’a bien exprimé l’ancien ministre Aurélien Rousseau, « les acteurs peuvent encaisser les changements s’ils ont de la visibilité et de la stabilité », rejoint en cela par Agnès Firmin Le Bodo pour qui l’Etat doit endosser le rôle « d’un accompagnateur et d’un facilitateur ». A CHAM, le monde de la santé, dans sa diversité, a exprimé des attentes claires et impérieuses pour le prochain quinquennat.

Lamine Gharbi

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