23 janvier 2025
Édito de Lamine Gharbi (Président de la FHP) – Contre « les irritants du quotidien », simplifions !

A l’occasion de l’exercice des « questions orales sans débat » à l’Assemblée Nationale, le ministre de la Santé a plaidé pour davantage de simplification dans le domaine de la santé. A la faveur d’une loi de simplification plus générale qui pourrait être présentée d’ici l’été, Yannick Neuder a lancé un appel au monde de la santé, dans toutes ses composantes, pour être force de proposition sur des leviers de simplification utiles au secteur.

S’il est bien un sujet que les acteurs de santé et les patients ont en commun, ce sont ces « irritants du quotidien », pour reprendre les termes appropriés du ministre, qui entravent l’exercice fluide des missions de soin ou complexifient le parcours de soin.

Il y a deux façons d’aborder ce sujet : le simplisme de la désignation de boucs-émissaires, et j’entends avec désolation que certains remettent les Agences Régionales de Santé dans leur collimateur, au mépris de la compréhension du fonctionnement réel de notre système de santé ; et la méthode proposée par notre ministre, consistant à identifier les lourdeurs de tous ordres et à y apporter les solutions pour permettre à chacun, dans son rôle, de mieux travailler au service de la santé des Français.

Nous nous souvenons tous – et nous n’oublierons jamais – la crise sanitaire du Covid. Parce que c’était une période de souffrance pour notre pays bien sûr, mais aussi parce que se sont révélées, parmi les acteurs de santé comme chez les tutelles, des capacités d’agilité et d’adaptabilité exceptionnelles. Nous avions cessé d’être corsetés dans des cadres où l’inflation normative prévaut trop souvent, pour permettre des réponses aux besoins de soin les plus ajustées au moment. Certes, les process de crise ne sont pas toujours intégralement transposables « en routine » : mais il est essentiel de faire l’effort de renouer avec cet esprit Covid qui nous avait collectivement rendu plus pertinents et plus réactifs.

La Fédération de l’Hospitalisation Privée travaille de longue date sur ces enjeux. Trop souvent, nous constatons que l’idéal de simplification vient se heurter à des décisions politiques ou administratives à contre-courant de celui-ci, et la proposition de loi qui tend à instaurer un nombre minimum de soignants par patient hospitalisé en témoigne. Les cinq fédérations hospitalières, représentant plusieurs milliers d’établissements de santé, ont unanimement exprimé leur opposition à celle-ci, et dit leur conviction qu’un tel dispositif, loin d’améliorer les conditions de travail des professionnels, ne fera que complexifier la donne à l’hôpital.

Pour faire émerger des idées vraiment utiles au système de santé, nous répondrons donc à la demande du ministre de la Santé sur les enjeux de simplification.

Lamine Gharbi

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