Au congrès CHAM la semaine dernière, la nécessité de mieux évaluer notre système de santé a constitué un point central des débats. Sur ce sujet, il faut lire l’ouvrage « Le scandale tranquille » du professeur Alain Bernard, dont l’esprit pourrait se résumer ainsi : la France dispose d’un système de santé qui mobilise énormément de moyens, mais elle mesure insuffisamment ce que ces moyens produisent réellement pour les patients, en termes de résultats concrets.

Le professeur Bernard y opère ainsi une distinction entre égalité d’accès aux soins et égalité des résultats des soins, entre « chacun peut avoir accès à un médecin ou un hôpital » et « chacun doit avoir des chances comparables d’obtenir un bon résultat ». Cela pose la question centrale de la mesure, dans une logique d’amélioration en continu de la qualité des soins prodigués.

Ce déplacement du regard doit faire évoluer notre système de santé vers une culture systématisée de l’évaluation du service rendu au patient. Elle permettra d’émettre moins de jugements à l’emporte-pièce sur nos organisations territoriales par exemple, mais de disposer de faits fondés sur des données étayées. Une telle logique implique évidemment la prise en compte de l’expérience directement rapportée par les patients, notamment à travers les PROMs permettant de mesurer les résultats tels qu’ils sont vécus par les personnes soignées.

Alors que la France consacre des moyens considérables à son système de soins, le sujet abordé dans ce livre renvoie aux propositions que nous avons formulées dans notre plateforme présidentielle sur l’enjeu de l’efficience. Cela dépasse même la santé pour engager largement une certaine conception de l’action publique : on ne peut améliorer durablement ce que l’on ne mesure pas.

Le 8 octobre prochain, à la Maison de la Mutualité, ce sujet sera évidemment abordé, ainsi que beaucoup d’autres, dans les tables-rondes et avec les candidats et représentants de candidats à la présidentielle. Votre présence souhaitée nombreuse sera le meilleur des plaidoyers pour une pleine inscription des enjeux de santé dans l’agenda de la campagne électorale.

Lamine Gharbi

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