6 mars 2026
Égalité en santé : le regard de Clara, facturière

Égalité femmes-hommes dans la santé : le regard de Clara, secrétaire facturière

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Fédération de l’Hospitalisation Privée poursuit sa série consacrée à l’égalité en santé. Nous donnons la parole à des professionnels de terrain pour croiser les regards sur la mixité des équipes, la reconnaissance des métiers et l’accès aux responsabilités.

Clara Denis a 25 ans. Elle travaille à Psypro Grenoble depuis juin 2023. Après avoir débuté comme secrétaire médicale, elle est aujourd’hui en charge de la facturation de l’établissement. Elle est également déléguée du personnel depuis août 2025.

Une féminisation des métiers liée aux représentations sociales

Selon la DREES, près de 90 % des infirmiers et aides-soignants sont des femmes. Pour Clara Denis, cette situation s’explique en grande partie par des facteurs sociétaux.

« À l’époque, les femmes consacraient leur temps à s’occuper de leur famille. Malgré l’évolution de la société, ce rôle est encore largement occupé par elles », explique-t-elle. Les qualités d’empathie et d’attention restent aussi fréquemment associées aux femmes.

Cette forte féminisation influence la dynamique des équipes. Elle observe deux réalités possibles : soit une grande solidarité entre femmes, soit des tensions liées à la comparaison ou à une forme de compétitivité. Selon elle, le climat dépend beaucoup des personnalités et du management.

Image des métiers de la santé et reconnaissance salariale

La répartition très genrée des professions de santé peut également peser sur leur image et leur attractivité.

Clara Denis évoque la question salariale. Les métiers du soin restent souvent faiblement rémunérés. Elle estime que cette situation ne s’explique pas uniquement par le genre, mais qu’elle s’inscrit dans un contexte plus large d’inégalités professionnelles.

Elle avance aussi une autre hypothèse : dans le secteur de la santé, l’engagement humain prime souvent sur la rémunération. « Les salariés s’investissent auprès des patients malgré une faible rémunération », observe-t-elle. Cette réalité peut influencer les politiques salariales.

Selon elle, la forte féminisation peut aussi décourager certaines vocations. Une mauvaise ambiance ou des rivalités internes peuvent altérer l’attractivité des métiers, notamment pour les jeunes générations.

Féminisation du corps médical : la formation avant tout

En 2025, les femmes sont devenues majoritaires parmi les médecins pour la première fois. Pour Clara Denis, cette évolution ne transformera pas nécessairement l’exercice de la médecine en profondeur.

Elle insiste davantage sur la qualité de la formation. « Il est important que les nouveaux médecins, hommes comme femmes, soient formés à l’annonce des diagnostics, aux violences ou au consentement des patients. » L’enjeu se situe, selon elle, dans l’amélioration continue des pratiques et de la prise en charge.

Mixité des équipes : un levier pour la qualité des soins

Pour Clara Denis, la mixité femmes-hommes constitue un atout pour la qualité des soins. Elle permet aux patients de s’exprimer auprès du professionnel avec lequel ils se sentent le plus à l’aise.

La diversité des profils enrichit aussi les échanges. Des points de vue différents favorisent l’innovation, la réflexion collective et l’évolution des pratiques. Dans le management, une plus grande mixité pourrait limiter certaines tensions internes, même si tout dépend des individus et du contexte.

Elle souligne enfin que la mixité peut jouer un rôle dans la prévention des agissements ou propos sexistes au sein des équipes.

Les enjeux d’une égalité professionnelle durable

Pour garantir une égalité professionnelle durable dans la santé, Clara Denis identifie plusieurs priorités. L’égalité salariale entre femmes et hommes reste un objectif central. La lutte contre le harcèlement et les comportements sexistes constitue également un enjeu majeur.

Elle estime que l’évolution des mentalités dès le plus jeune âge est essentielle. Si les hommes sont davantage responsabilisés dans la sphère familiale, ils pourraient s’orienter plus spontanément vers des métiers du soin.

Concernant l’accès aux postes à responsabilité, elle plaide pour un recrutement fondé sur les compétences, l’expérience et l’investissement. « Les promotions devraient se faire au mérite », résume-t-elle. Elle appelle aussi à mettre fin aux discriminations à l’embauche.

À travers ce témoignage, la FHP rappelle que l’égalité en santé ne repose pas uniquement sur la répartition femmes-hommes. Elle suppose une reconnaissance équitable, un management attentif et une évolution des représentations. Des conditions essentielles pour renforcer l’attractivité et la qualité des métiers de l’hospitalisation privée


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