Égalité femmes-hommes dans la santé : le regard de Coline, Infirmière à la Clinique de Saujon
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Fédération de l’Hospitalisation Privée poursuit sa série consacrée à l’égalité en santé. Nous donnons la parole à des professionnels de terrain pour croiser les regards sur la mixité, l’évolution des métiers et l’accès aux responsabilités.
Coline a 24 ans. Infirmière depuis deux ans, elle exerce à la clinique de Saujon, dans le domaine de la santé mentale. Elle partage son analyse sur la féminisation des métiers du soin et les enjeux d’une égalité professionnelle durable.
Une féminisation ancrée dans l’histoire des métiers du soin
Selon les données de la DREES, près de 90 % des infirmières et aides-soignantes sont des femmes. Pour Coline, cette réalité s’explique par plusieurs facteurs historiques et sociaux.
Elle rappelle que, par le passé, les soins étaient dispensés par des religieuses dans les hospices. Le métier s’est ensuite construit autour du rôle traditionnel attribué aux femmes dans le soin. Des stéréotypes de genre associent encore l’empathie et l’attention aux femmes.
Aujourd’hui, les filières sanitaires et sociales restent très majoritairement féminines dès la formation. Cette dynamique entretient la faible mixité dans certaines équipes.
Image des métiers et reconnaissance professionnelle
Pour Coline, la forte féminisation des métiers de la santé influence leur image et leur reconnaissance. Les professions très féminisées sont parfois moins valorisées symboliquement et moins reconnues financièrement. Elles restent aussi moins représentées dans les postes de direction.
Cette situation peut peser sur le sentiment de reconnaissance et la motivation. Elle peut également freiner certains hommes à s’orienter vers ces carrières.
Au quotidien, un manque de mixité peut avoir un impact sur la dynamique d’équipe. Selon elle, la faible présence d’hommes entretient les stéréotypes et limite la diversité des points de vue. Une plus grande mixité pourrait enrichir les pratiques et renforcer la reconnaissance de ces métiers.
Féminisation du corps médical : vers de nouvelles approches ?
En 2025, les femmes sont devenues majoritaires parmi les médecins pour la première fois. Pour Coline, cette évolution peut favoriser des approches de soins davantage centrées sur la communication et l’écoute.
Elle estime que cette transformation peut aussi contribuer à remettre en question certains stéréotypes encore présents dans la profession. Certains patients conservent en effet des représentations marquées, associant spontanément le rôle de médecin aux hommes et celui d’infirmière aux femmes.
Une meilleure mixité à tous les niveaux pourrait ainsi faire évoluer les mentalités et encourager un équilibre plus naturel dans les équipes de santé.
Mixité des équipes : un levier pour la qualité des soins
Pour Coline, la diversité et la mixité femmes-hommes constituent un véritable atout pour la qualité des soins. Elles enrichissent les points de vue et favorisent une approche plus globale, adaptée à des publics variés.
Dans le management, la complémentarité des styles peut renforcer la cohésion et la motivation. Écoute, organisation, prise de décision : la diversité des approches soutient la dynamique collective.
Selon elle, la mixité limite également les stéréotypes et contribue à un meilleur équilibre au sein des équipes et des établissements de santé.
Les enjeux d’une égalité professionnelle durable
Pour garantir une égalité professionnelle durable dans les années à venir, plusieurs défis restent à relever. Coline cite en priorité l’égalité salariale et l’accès équitable aux postes à responsabilité.
La conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle constitue aussi un enjeu majeur, notamment en matière d’horaires et de parentalité. Elle souligne enfin l’importance de lutter contre les stéréotypes de genre et de favoriser la mixité dans toutes les spécialités et tous les métiers de santé.
Concernant la gouvernance, elle observe qu’une certaine mixité existe déjà dans son établissement. À la clinique de Saujon, femmes et hommes occupent des fonctions de direction et d’encadrement.
Pour aller plus loin, elle insiste sur la nécessité de garantir un égal accès aux responsabilités et de lutter contre les biais dans les processus de recrutement, notamment ceux liés à la maternité.
À travers ce témoignage, la FHP rappelle que l’égalité en santé ne se résume pas à une question de chiffres. Elle repose sur la reconnaissance, la mixité des équipes et l’accès équitable aux responsabilités. Des enjeux structurants pour l’avenir de l’hospitalisation privée.


