5 mars 2026
Égalité en santé : le regard de Pierre-Yves, directeur

Égalité femmes-hommes dans la santé : le regard de Pierre-Yves de Kerimel, Directeur

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Fédération de l’Hospitalisation Privée poursuit sa série de témoignages consacrés à l’égalité en santé. Objectif : croiser les regards de professionnels de terrain sur la mixité, l’évolution des métiers et l’accès aux responsabilités.

Pierre-Yves de Kerimel est directeur de la Clinique du Château de Vernhes et de la Clinique des Minimes en Haute-Garonne. Administrateur de la FHP SMR et membre du COMEX de la FHP, il travaille dans la santé depuis quinze ans, exclusivement dans le secteur privé indépendant.

Une féminisation des métiers encore marquée par la culture

Selon la DREES, près de 90 % des infirmiers et aides-soignants sont des femmes. Pour Pierre-Yves de Kerimel, cette réalité s’explique d’abord par un biais culturel.

« Nous avons plus de femmes qui se prédisposent à ce métier, ou à l’inverse moins d’hommes », observe-t-il. Cette représentation influence l’orientation dès la formation. Elle entretient l’idée que certaines professions seraient davantage féminines.

Dans ses établissements, des infirmiers hommes exercent pourtant pleinement leur métier. Il souligne que la mixité reste recherchée, car elle apporte un équilibre dans les équipes. « Dans la manière d’appréhender les problèmes, cela amène du positif. »

Organisation du travail et équilibre vie professionnelle / vie personnelle

La forte féminisation des métiers de la santé a aussi des conséquences organisationnelles. Pierre-Yves de Kerimel évoque notamment les demandes d’aménagement du temps de travail liées aux contraintes familiales.

Il constate que les femmes sont encore majoritairement concernées par les ajustements d’horaires ou les temps partiels. « C’est sûrement un poids culturel. Ce sont plus les femmes qui gèrent ces sujets dans un couple. »

Dans ses cliniques, des solutions ont été mises en place pour accompagner cet équilibre, comme l’ouverture d’une crèche ou des dispositifs d’aménagement du temps de travail. Selon lui, il appartient à l’employeur, à la politique RH et au CSE d’anticiper ces réalités pour que la situation ne soit subie ni par les salariés ni par l’établissement.

Féminisation du corps médical : un impact organisationnel concret

En 2025, les femmes sont devenues majoritaires parmi les médecins pour la première fois. Dans ses établissements, 80 % des équipes médicales sont composées de femmes.

Pierre-Yves de Kerimel observe des effets similaires à ceux constatés chez les infirmiers. Les médecins femmes sont plus nombreuses à exercer à temps partiel, souvent pour des raisons familiales. Cette situation nécessite une organisation adaptée.

« Le fameux 80 % le mercredi pose des questions d’organisation », explique-t-il. Des arbitrages sont parfois nécessaires pour garantir la continuité des soins. Là encore, des solutions ont été trouvées : forfaits jours, aménagements spécifiques, places en crèche.

Il souligne le paradoxe d’une génération de professionnels jeunes, en moyenne âgés de moins de 40 ans, où la répartition des responsabilités familiales reste encore largement inégalitaire.

Mixité des équipes : un facteur d’équilibre

Pour Pierre-Yves de Kerimel, la mixité femmes-hommes constitue un atout pour la qualité des soins et la dynamique collective.

« Les hommes et les femmes sont différents et complémentaires », affirme-t-il. Dans les équipes mixtes, il observe une gestion plus sereine des situations à fort stress. Les relations lui semblent plus équilibrées et moins conflictuelles.

Cette complémentarité renforce la cohésion et favorise un climat de travail apaisé, au bénéfice des patients comme des professionnels.

Égalité professionnelle : faire évoluer les représentations

Sur le plan salarial, il rappelle que la convention collective de la FHP garantit un cadre équilibré. Les écarts liés au genre ne constituent pas, selon lui, un enjeu structurel lorsqu’elle est correctement appliquée.

Le principal défi reste culturel. « Lorsque l’on imagine un infirmier dans une publicité ou un film, on met par défaut une femme », note-t-il. Pour sortir de ce biais, il estime que les représentations doivent évoluer, y compris dans la communication.

Concernant l’accès aux postes à responsabilité, il observe dans ses établissements une forte présence féminine à des fonctions clés, notamment parmi ses directrices adjointes. Pour lui, la nouvelle génération raisonne davantage en termes de compétences que de genre.

Il insiste toutefois sur la nécessité d’un meilleur partage des responsabilités familiales. À titre personnel, il explique avoir fait le choix d’organiser son agenda pour aller chercher ses enfants certains jours. « C’est important d’équilibrer la vie de couple. »

À travers ce témoignage, la FHP rappelle que l’égalité en santé repose autant sur l’organisation des établissements que sur l’évolution des représentations culturelles. Favoriser la mixité des équipes et l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle constitue un enjeu central pour l’avenir de l’hospitalisation privée.


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