Nous avons fait hier matin une conférence de presse pour présenter la nouvelle étude sur le secteur de l’hospitalisation privée. Chaque année depuis sept ans, cette étude économique qui fait référence est très attendue par nos interlocuteurs institutionnels. Pour 2025 ses constats traduisent, plus que jamais, une situation alarmante pour notre profession, avec une aggravation sur l’ensemble des indicateurs.
En 2025, 46% des cliniques et hôpitaux privés sont déficitaires, contre 26% en 2021. Les causes sont multiples : des tarifs hospitaliers ne couvrant pas les coûts, un milliard d’inflation non compensée entre 2021 et 2024, un sous-financement des ressources humaines au détriment des professionnels de santé du privé…
Pour la deuxième année consécutive, les pertes s’accélèrent pour notre secteur, avec un résultat net déficitaire de 240 millions d’euros et une capacité d’autofinancement qui s’est dégradée de 65% en quatre ans.
Une donnée rajoute à l’inquiétude : les difficultés économiques touchent plus fortement les établissements privés qui contribuent à des prises en charge majeures dans l’accès aux soins, telles que les urgences, les maternités, les soins de réadaptation ou encore la réanimation.
Les établissements de santé privés représentent 35% de l’activité hospitalière en France : au-delà de notre situation propre, la fragilisation extrême de toute une profession – et les tarifs à zéro en début d’année n’ont rien arrangé – porte donc un risque systémique pour l’ensemble du système de santé et pour l’accès aux soins des Françaises et des Français.
Pour continuer à accomplir nos missions et plus largement garantir la soutenabilité du système, nous portons avec force des solutions très concrètes qui sont également préconisées – mais non appliquées ! – dans de nombreux cénacles. Bon usage de la dépense publique – chaque euro dépensé doit être un euro utile à la santé ; virage ambulatoire et préventif ; pluriannualité ; reconnaissance partagée entre secteurs public et privé à égalité de missions et de responsabilités, dans un cadre de convergence tarifaire. Tout ceci constituera le socle de nos propositions pour l’élection présidentielle.
Parce que nous sommes une part substantielle de la solution, nous avons décidé d’engager un recours devant la Commission européenne au regard des ruptures d’égalité dont nous sommes l’objet. Et parce que nous sommes une part substantielle de la solution, notre étude économique ne doit pas être vue comme une étude sectorielle, mais comme une alarme pour garantir la pérennité de l’ensemble de notre système de santé.
Lamine Gharbi
