Nous voici déjà à un mois du premier tour des élections municipales. Le maire, élu.e de proximité par excellence, demeure la figure politique préférée des Françaises et des Français, mais au fil des années les préoccupations de ses administrés ont évolué : aujourd’hui, les études montrent que la santé, particulièrement sous l’angle de l’accès aux soins, est devenue l’un des tous premiers sujets d’interpellation des maires, devant la sécurité ou encore le logement. Une situation parfois compliquée pour les élus, tiraillés entre des attentes fortes de la population et des marges d’action souvent ténues.
Les maires sont le plus souvent pragmatiques et à la recherche de solutions concrètes. Je me souviens de cette table-ronde à laquelle j’avais participé dans le cadre du Congrès de l’Association des Maires de France : parmi la centaine de maires présents, un élu communiste de montagne avait salué l’apport de « sa » clinique privée à l’offre de soins de sa commune. Il est vrai qu’avec 84% de la population à moins de 30 minutes d’une clinique ou d’un hôpital privé, et le maillage territorial ainsi permis, la profession constitue un levier majeur des politiques publiques de santé.
Les maires sont des interlocuteurs privilégiés des acteurs de santé, et réciproquement. Je considère qu’ils doivent être davantage associés au « dernier kilomètre » des politiques de santé, au regard de leur connaissance fine des déterminants de santé de leur territoire. Quant à nos établissements, lieux de soins et de prévention, créateurs d’emplois pérennes, ils constituent par leur contribution sanitaire, économique, sociale, sociétale et leurs capacités d’innovation, des partenaires des maires pour tous les défis à relever en santé.
L’amélioration de l’accès aux soins de proximité, l’évolution des prises en charge, la coopération public/privé au service du parcours du patient, l’attractivité du cadre de vie pour les professionnels de santé, les enjeux de santé publique et de prévention, l’émergence d’un environnement favorable à la santé de tous : tout ceci nous rassemble.
Pour aller encore plus loin, la FHP fait deux propositions : une véritable « démocratie en santé », incluant davantage les élus locaux, les citoyens et les acteurs de santé, qu’ils soient publics ou privés, doit accompagner la mise en œuvre sur les territoires des politiques impulsées.; et un « Service de santé au public » fondé sur les missions et non sur le statut, doit enfin émerger pour répondre plus efficacement aux besoins de soins des Françaises et des Français.
Lamine Gharbi
