20 février 2026
Édito de Lamine Gharbi (Président de la FHP) – Hôpital public : un appel à l’efficience

Deux rapports de l’Inspection générale des affaires sociales viennent de sortir la même semaine sur l’hôpital public. Le premier, intitulé « Face à la gravité de la situation financière des hôpitaux publics, renforcer l’efficience par une intégration territoriale », contient des préconisations avec lesquelles nous sommes en phase.

Le rapport appelle notamment à relancer « une démarche d’efficience » à l’hôpital public, appuyée sur une culture médico-économique à développer. Dans la perspective d’un meilleur ajustement de l’offre aux besoins des patients, le positionnement sur l’ambulatoire et la dynamique de l’hospitalisation à domicile, aujourd’hui insuffisants dans le secteur public, doivent s’accroitre. Constatant les difficultés à réorganiser le système hospitalier, l’IGAS préconise aussi une « amélioration de la coordination de l’offre hospitalière publique sur le territoire en lien avec les offres privées ».

Ce plaidoyer de l’IGAS pour insuffler davantage d’efficience dans notre système de santé, à travers notamment le virage ambulatoire que le secteur privé a déjà largement pris, est aussi le nôtre.

Seule fausse note dans ce rapport, la recommandation qui appelle en conclusion à un plan pluriannuel de consolidation du système hospitalier…. public. Une telle consolidation de notre système de santé n’est possible qu’en prenant en considération toutes les composantes de l’offre de soin, qu’elles soient publiques ou privées. Il est d’ailleurs dommage que la mission, comme dit en introduction, « n’ait pas réalisé de comparaison de performance intra sectorielle » car sur de nombreux leviers préconisés par l’IGAS, le modèle innovant du privé aurait gagné à servir d’exemple.

Une approche systémique est essentielle pour faire les bons diagnostics et préconiser les bonnes orientations. Il est donc également regrettable que le deuxième rapport de l’IGAS, relatif aux « compensations financières des revalorisations salariales et de l’inflation », ne concerne que l’hôpital public : les cliniques et hôpitaux privés pâtissent elles aussi, et lourdement, de ce sous-financement, qui a conduit près de 50 % des établissements privés à être en déficit aujourd’hui, conséquence d’un sous-financement de l’inflation d’un milliard d’euros entre 2021 et 2024. L’IGAS appelle aussi à ce que les tarifs des établissements prennent mieux en compte l’évolution des coûts des activités.

Une chose est sûre, les travaux rendus par l’IGAS sur l’efficience viennent conforter notre conviction sur le bien-fondé de changements profonds au sein de notre système de santé, dans le positionnement stratégique, l’organisation sur les territoires ou encore le pilotage. Nos préconisations dans la perspective de la présidentielle 2027 s’en trouvent renforcées d’autant.

 

Lamine Gharbi

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