30 novembre 2023
Édito de Lamine Gharbi (Président de la FHP) – Le PLFSS touche à sa fin… Mais pas les difficultés du monde de la santé !
Nous ne savons toujours rien, public et privé confondus, de la nature et du montant du soutien susceptible d’être alloué pour faire face aux lourdes contraintes économiques rencontrées, liées à l’inflation et aux tensions en ressources humaines.

C’est avec des sentiments mêlés que nous voyons les débats du Projet de loi de financement de la sécurité sociale 2024 arriver tout prochainement à leur terme. De la reconnaissance, face à la mobilisation des parlementaires, députés comme sénateurs, qui en commission comme dans l’hémicycle, ont déploré le décalage entre le texte et les besoins des établissements de santé, dans un contexte d’inflation inédit. De l’intérêt, pour certains débats qui ont fait progresser la santé publique. Mais surtout, de la déception, terme euphémistique pour traduire qu’à ce jour, nous ne savons toujours rien, public et privé confondus, de la nature et du montant du soutien susceptible d’être alloué pour faire face aux lourdes contraintes économiques rencontrées, liées à l’inflation et aux tensions en ressources humaines.

Certes, j’ai écouté avec attention les propos de notre ministre de la Santé il y a quelques jours, en deuxième lecture du PLFSS à l’Assemblée Nationale, qui a réaffirmé son attention soutenue sur le sujet, et a tenu à garantir que, « jusqu’au dernier jour de l’année, à l’heure du bilan global de l’activité et des effets de l’inflation, nous ne laisserons aucun établissement de santé dans l’impasse », ajoutant : « Nous prévoyons donc de procéder aux ajustements nécessaires – ce qui nécessitera cette fois une intervention un peu plus conséquente que d’ordinaire ».

Or, la situation des établissements de santé n’étant pas seulement « un peu plus » difficile (rien que pour le secteur privé, 30% d’établissements en déficit en 2022, 50% en 2023), ce ne sont pas des « ajustements » que nous attendons, mais des mesures significatives témoignant d’une prise de conscience forte de la gravité du moment, et des impacts potentiels sur l’offre de soins.

Dans l’actualité également, nous avons pris connaissance avec intérêt du rapport du Conseil d’Etat sur « Le dernier kilomètre des politiques publiques », pour lequel la FHP avait été auditionnée. La ligne mélodique de ce long rapport pourrait se résumer en une phrase : « Partir des initiatives ‘d’en bas’ plutôt que d’imposer une vision ‘d’en haut’ », déclinée autour d’un triptyque : proximité, pragmatisme et confiance. Cette recommandation trouve toute sa pertinence dans le domaine de la santé, où la complexité administrative et l’inflation normative doivent régresser, et où la culture du service rendu au patient passe par le décloisonnement et la confiance a priori envers l’ensemble des acteurs sur les territoires. C’est aussi un sacré défi démocratique, pour redonner foi en l’action publique…

Enfin, rendre service aux patients suppose d’être dans le « prendre soin » dans toutes les dimensions de leur vie. Je suis heureux que nous ayons signé récemment, à l’occasion de la Journée internationale du 25 novembre, un partenariat avec le Service d’Information du Gouvernement, pour relayer dans nos 1030 établissements de santé la campagne d’affichage des numéros d’appel d’urgence contre les violences faites aux femmes. Les sujets de santé et les sujets sociétaux sont étroitement corrélés, et une telle mobilisation relève aussi de nos missions et de notre responsabilité.

 

                                                                                                                         Lamine Gharbi

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