26 mars 2026
Édito de Lamine Gharbi (Président de la FHP) – Parlement, les travaux reprennent

Nous avons la chance qu’il y ait, au sein de notre Représentation Nationale, de nombreux experts des enjeux de santé. Sur les bancs de l’Assemblée Nationale et du Sénat, de multiples travaux interrogent la soutenabilité de notre modèle de protection sociale et plaident pour des transformations indispensables, comme le virage préventif dans la toute récente mission confiée au député Cyrille Isaac-Sibille par le Gouvernement. La FHP est régulièrement contributrice.

Les parlementaires déplorent souvent que l’approche essentiellement comptable et fondée sur l’annualité des lois de financement de la sécurité sociale, les dessaisisse des véritables enjeux de santé publique. Les acteurs de santé sont sur la même ligne en promouvant une loi de programmation en santé et des priorités clairement affichées et soutenues, dans un cadre de stabilité politique.

Il existe néanmoins un bémol dans les débats parlementaires aujourd’hui, tenant à la polarisation croissante de notre vie politique, avec une météo idéologique orageuse et parfois outrancière. Les fédérations hospitalières, ou les professionnels de santé, ont à de nombreuses reprises été amenés à s’opposer à des mesures « hors sol », présentées sans concertation ni évaluation préalable – on pense par exemple aux ratios soignant-soigné… Or la démagogie ne résoudra jamais les maux de notre système de santé.

Les parlementaires, dans une large majorité, défendent en responsabilité la coopération et la complémentarité de tous pour apporter la meilleure réponse aux besoins des patients. Mais l’hospitalisation privée est victime sur certains bancs, régulièrement, de velléités d’exclusion d’un certain nombre de missions. Dernière manifestation en date, dans le cadre de la proposition de loi « accompagnement et soins palliatifs » : un amendement voté vise à exclure les établissements de santé privés de la possibilité de créer des Maisons d’Accompagnement et de Soins Palliatifs, alors même qu’une mobilisation générale sur un enjeu aussi fondamental s’impose.

Les arguments avancés par certains, relatifs à une prétendue « marchandisation », relèvent purement et simplement d’un « procès d’intention », comme l’a dit la ministre Stéphanie Rist à l’Assemblée nationale, fait à un secteur qui représente 35% de l’activité hospitalière de notre pays. Souhaitons que de telles pratiques n’aient plus cours pour laisser la place à ce qu’acteurs de santé et parlementaires ont en partage : le service de l’intérêt général.

Lamine Gharbi

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