Enquête après sondage, le scénario où la santé ne figurerait pas dans le débat présidentiel devient de plus en plus improbable. Le baromètre CSA pour Havas Red, réalisé pour la Tribune, révèle plusieurs tendances solides : d’abord, la santé s’installe durablement au cœur des préoccupations des Françaises et des Français, comme deuxième priorité après le pouvoir d’achat. Ensuite, les inquiétudes sont nombreuses envers le système de santé : plus de la moitié des Français considèrent qu’il fonctionne mal et qu’il va dans le mauvais sens… La pénurie de professionnels de santé demeure dans l’esprit des citoyens la cause de problèmes la plus élevée.
Dans ce contexte, les attentes sont toujours plus fortes vis-à-vis des acteurs publics, mais aussi des acteurs privés.
Un enseignement intéressant : les nouvelles générations sont plus optimistes, du fait de leur rapport plus distancié avec leur état de santé bien sûr, mais aussi de leur foi plus grande dans l’innovation et de leur confiance envers les acteurs privés en santé. Une intervention accrue des entreprises dans la santé est notamment vue comme une évolution positive par un tiers des Français… et par la moitié des moins de 35 ans.
Au-delà, un tiers des personnes interrogées considère aujourd’hui qu’un rôle accru des acteurs privés dans la gestion de la santé des Français serait une bonne chose. Les raisons invoquées sont nombreuses : meilleure gestion, économies pour le pays, davantage de rigueur, d’efficacité et de compétences, et surtout meilleure qualité des soins et meilleur accès aux soins.
A un an de l’élection présidentielle, ce regard lucide des Français, et particulièrement des jeunes générations, sur notre système de santé, est inspirant. Il prouve que les attentes des acteurs de santé sont les mêmes que celles des citoyens, à savoir l’union de toutes les forces, qu’elles soient de statut public ou privé, pour résoudre les maux qui sapent aujourd’hui la confiance dans l’avenir.
Lamine Gharbi
