Le projet de loi de finances 2026 actuellement en débat à l’Assemblée Nationale embarque un sujet majeur pour l’ensemble des fédérations hospitalières : celui de la préservation des capacités de formation dans les métiers du soins, et plus particulièrement pour les infirmières et infirmiers. Dans un contexte de pénurie de ressources humaines en santé, l’enjeu de la formation est capital pour bâtir la société du soin de demain !
Des travaux de la DREES datant de 2024 montrent que près de 33 000 infirmiers devront être diplômés chaque année d’ici 2050 pour répondre aux besoins en soins des Françaises et des Français, dans un contexte de grandes mutations démographiques et épidémiologiques.
Les formations en santé, médicales et paramédicales continuent de figurer parmi les premiers choix exprimés par les jeunes sur ParcoursSup ; l’attractivité de ces carrières reste donc réelle. Et pourtant, se multiplient de toutes parts les alarmes sur une diminution du nombre de places de formation pour la rentrée 2026. Nos Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) nous ont alerté sur un recul majeur du nombre de places à ouvrir dans ParcourSup pour la rentrée 2026 par rapport à 2025, et les Régions sont d’ailleurs montées au créneau sur le sujet.
Un courrier cosigné par les cinq fédérations hospitalières a été adressé sur le sujet à notre ministre de la Santé. Nous savons la volonté du Gouvernement, et de Stéphanie Rist, de sécuriser les financements permettant a minima de maintenir en 2026 les capacités de formation des professionnels paramédicaux, et nous sommes vigilants à sa traduction effective dans les débats qui ont lieu en ce moment-même.
Au-delà, cet enjeu majeur mérite lui aussi de la pluriannualité et de la vision. Une visibilité pluriannuelle des moyens est indispensable pour permettre une adéquation entre les formations dispensées et les besoins de santé. Nous devons aussi savoir porter un regard prospectif et de société sur ces enjeux, basé sur les nouvelles attentes des soignants et des patients, les évolutions – voire les révolutions – dans les pratiques et les métiers, et les grands défis de demain – santé mentale, crises sanitaires de tous ordres – qui nécessiteront plus que jamais des femmes et des hommes formés de la meilleure manière et pleinement reconnus.
Lamine Gharbi
