C’est un raisonnement singulier, voire absurde, mais révélateur d’un certain état d’esprit. Constatant l’attrait croissant des Français pour les écoles privées, notamment dans les villes, l’Institut des Politiques Publiques recommande tout bonnement dans une note récente… de fermer des classes dans le privé, et de revoir les modalités de répartition des financements publics alloués au privé.
A défaut de chercher à comprendre les attentes des parents et des enfants, d’analyser les raisons de cette attractivité, de proposer des voies d’amélioration pour l’école publique et de s’interroger sur la pertinence de certaines réformes de l’Education Nationale, optons pour la solution la plus simple : pénalisons les écoles privées et celles et ceux qui leur font confiance ! Comme dit hier par une éditorialiste radio, « ce serait dommage de ne pas détruire quelque chose qui marche… »
Au lieu de s’inspirer du modèle de l’école privée pour faire progresser notre système éducatif, tout en travaillant à améliorer les enjeux de mixité sociale, la politique du pire a encore à l’évidence le vent en poupe.
Ce vieux débat qui ressurgit à la faveur de la publication de cette note de l’IPP n’est pas sans trouver une résonance dans le secteur de la santé, où le dogmatisme anti-privé trouve encore ici et là quelques fervents adeptes. Pourtant, une vision lucide et pragmatique des atouts comme des faiblesses de chacun des secteurs, fondée sur des données objectives, est un prérequis à toute amélioration de notre système de santé et de la prise en charge pour les patients. Coopération et complémentarité sur les territoires doivent caractériser les relations entre hôpitaux publics et hôpitaux privés, dans un cadre de considération et de soutien égal.
Comme les parents d’élèves, les patients ne s’y trompent pas, qui privilégient la qualité et le service rendu aux considérations statutaires. Pour se prémunir, sur tel ou tel texte de loi, des velléités d’exclusion des établissements de santé privés, sans doute serait-il pertinent d’écouter davantage les citoyens et de monter en maturité sur de tels débats. Car les Françaises et les Français, plus que jamais dans cette période préélectorale, souhaitent avant tout la réponse la plus adéquate à leurs besoins, que ce soit en matière d’éducation ou de santé.
Lamine Gharbi
