2 juillet 2026
Édito de Lamine Gharbi (Président de la FHP) – Confiance, proximité, coopération : les messages des Français

Nous venons de rendre publics les résultats de notre note d’opinion croisée FHP/Viavoice, auprès des Françaises et des Françaises comme auprès des maires, sur l’avenir de la santé dans les territoires et la perception des acteurs de santé. Ils sont très riches d’enseignements et je vais cette semaine me pencher sur ce que nous disent les Français.

Six personnes sur dix déclarent avoir des besoins personnels importants en matière de santé là où elles vivent. Cette place croissante de la santé dans notre vie quotidienne, sous l’effet de tendances profondes (vieillissement, prévalence des maladies chroniques…) suscite des attentes fortes de proximité, mais aussi des inquiétudes là où les difficultés d’accès aux soins deviennent les plus prégnantes.

Dans ce contexte, il est gratifiant de constater que la confiance dans les établissements de santé demeure élevée : 82 % pour les cliniques et hôpitaux privés, 77 % pour les hôpitaux publics. 70% des Français considèrent que les hôpitaux privés répondent bien aux besoins de santé près de chez eux. Dans un système de santé perçu sous tension, cette confiance coexiste avec des attentes très concrètes concernant l’organisation des soins. Pas de demande de « révolution » du système de santé mais un souhait d’efficacité et de solutions collectives et coordonnées dans son fonctionnement quotidien : accéder plus facilement à un professionnel, réduire les délais, mieux coordonner les acteurs présents sur le territoire. 

Pour 84 % des Français, la complémentarité entre hôpitaux publics et cliniques privées est indispensable pour améliorer cet accès aux soins. La contribution de l’hospitalisation privée à la qualité des soins (71 %) et à l’accès aux soins (69 %) est largement reconnue. Ce pragmatisme citoyen autour de la nécessité de mobiliser l’ensemble des ressources disponibles au service des besoins contraste avec certaines visions dogmatiques, et on peut s’en réjouir. 

74% des Français souhaitent également que les maires encouragent les coopérations entre public et privé, 70% qu’ils entretiennent un dialogue régulier avec les cliniques privées de leur territoire, et 89% considèrent que les initiatives des acteurs de santé à l’échelle des territoires devraient être davantage soutenues et valorisées.

Le temps se couvre quand on aborde l’avenir : 61 % des Français se déclarent pessimistes concernant l’amélioration future des prises en charge, révélant une interrogation sur la soutenabilité du système et sa capacité à répondre durablement à l’augmentation des besoins de santé. Une courte majorité seulement (54 %) considère que leur maire dispose des moyens nécessaires pour agir sur la santé – et là encore c’est la capacité effective des territoires à apporter des réponses concrètes qui se trouve interrogée.

78 % des personnes interrogées souhaitent que leur maire dispose de davantage de responsabilités et de moyens en matière de santé : dans un climat de défiance généralisée, les symboles de la proximité, acteurs de santé et élus territoriaux, bénéficient d’une confiance et d’une crédibilité qui constituent des leviers d’action majeurs pour faire progresser le système, en dépit des difficultés et des contraintes.

Ces enseignements dessinent les contours d’un pacte territorial de responsabilité en santé, fondé sur la proximité et la coopération indépendamment des considérations de statut, au sein duquel les élus des territoires prennent toute leur place. A quelques mois de la présidentielle, ces messages doivent être entendus.

Lamine Gharbi

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