Santé 2027

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Les propositions des cliniques et hôpitaux privés

TRANSFORMER LE SYSTÈME DE SANTÉ PAR L’INNOVATION

DES PRISES EN CHARGE INNOVANTES POUR TOUS

Nos solutions pour accélérer le virage ambulatoire et garantir une égalité d’accès à des soins innovants

PROPOSITION #10

Faire de la prise en charge dans la journée la norme dès lors qu’elle est médicalement possible

Le constat

La France accuse un retard préoccupant dans le développement de la chirurgie ambulatoire, malgré le rôle pionnier joué par les cliniques et hôpitaux privés depuis les années 1990. En 2023, le taux de chirurgie ambulatoire plafonne à 63,7 %, avec la plus faible progression observée depuis quinze ans hors période COVID. Pourtant, les preuves sont là : l’ambulatoire permet une médecine plus moderne, plus sûre et plus confortable pour les patients, avec moins d’exposition aux infections nosocomiales, moins de réhospitalisations, une récupération plus rapide, un retour précoce à domicile, une meilleure qualité de vie pour les patients. Notre organisation, encore trop centrée sur l’hospitalisation complète, freine l’accès aux soins innovants et accentue les tensions hospitalières.

Si rien ne change, la France continuera à maintenir inutilement des hospitalisations évitables, au détriment de la qualité des soins et des finances publiques. À l’inverse, le virage ambulatoire constitue un levier majeur de transformation du système de santé : plus d’un million de séjours pourraient être réalisés dans la journée, générant plusieurs milliards d’euros d’économies potentielles tout en améliorant la sécurité et l’expérience des patients. D’ores et déjà, l’activité ambulatoire développée par le secteur privé contribue à une utilisation optimisée des deniers publics.

 Notre proposition

Un objectif national de 82 % de chirurgie ambulatoire doit être fixé, conformément à la cible de l’Assurance Maladie, pour mobiliser l’ensemble des établissements de santé, autour de ce levier majeur d’amélioration des soins et d’efficience du système de santé. Engageons l’ensemble des établissements de santé publics comme privés dans cette transformation profonde des organisations de soins afin de garantir :

  • des soins de qualité et sécurisés,
  • un accès plus rapide aux innovations médicales,
  • une meilleure utilisation des ressources hospitalières,
  • l’efficience de notre système de santé.
La preuve par l’exemple

Dans de nombreuses cliniques privées, des interventions lourdes comme certaines chirurgies du cancer de la prostate ou du rein sont déjà réalisées en ambulatoire grâce aux protocoles de réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC). Le patient bénéficie d’une surveillance post-opératoire protocolisée, d’un suivi renforcé et d’un accom-pagnement sécurisé jusqu’au retour à domicile. La sortie est autorisée après validation conjointe du chirurgien et de l’anesthésiste, et le patient reçoit des consignes précises pour son suivi à domicile. Cette organisation moderne replace le patient au centre du soin et démontre qu’exigence médicale et réduction des hospitalisations peuvent aller de pair.

Documents à l’appui

Rapport charges et produits 2026 de la CNAM

 Entre 2013 et 2020, la chirurgie ambulatoire s’est développée avec une augmentation de son taux comprise entre 1,9 et 2,2 points par an. Elle ralentit depuis, avec pour 2023 la plus faible progression annuelle depuis 15 ans, hors COVID 2020, avec un taux ambulatoire national de 63,7 %. […] La France présente des taux de chirurgie ambulatoire parfois faible sur certaines chirurgies par rapport à nos voisins. La chirurgie ambulatoire est une prise en charge centrée sur le patient, source d’une meilleure qualité et sécurité des soins par notamment une limitation de l’exposition aux infections nosocomiales, contractées au cours d’un séjour dans un établissement de santé. D’après les données de VISUCHIR, les taux de réhospitalisation à 30 jours sont très inférieurs en chirurgie ambulatoire par rapport à l’hospitalisation complète : 5,14 % versus 13,90 %. Le taux de chirurgie ambulatoire pourrait progresser de près de 19 points en harmonisant les pratiques des établissements sur l’ensemble du territoire vers les meilleures pratiques.

Les leviers de la réussite

  • Fixer un objectif national clair, décliné par pathologie et par territoire ainsi que des cibles par établissement en fonction de leur potentiel ambulatoire sur la base de l’outil Visuchir ;
  • Créer un forfait incitatif « virage ambulatoire » pour accompagner les priorités de santé publique et permettre aux établis-sements de santé de répondre aux objectifs fixés avec un financement des transformations organisationnelles ;
  • Adapter les tarifs aux prises en charge innovantes qui impliquent l’engagement de moyens : coût technologique (robotisation par exemple), suivi à domicile pour les patients pris en charge en ambulatoire ;
  • Réguler les hospitalisations complètes évitables et publier des indicateurs de « benchmark » entre établissements ;
  • Généraliser les protocoles de réha-bilitation améliorée après chirurgie (RAAC) et renforcer le suivi après sortie ;
  • Accélérer le développement de l’hospitalisation à domicile, susceptible d’accélérer le virage de prise en charge de patients lourds à domicile en alternative à l’hospitalisation complète ou à l’hospitalisation de jour ;
  • Renforcer la coordination avec les professionnels de ville.

PROPOSITION #11

Mieux financer l’innovation pour garantir à tous un accès à des soins performants et efficients

Le constat

Les établissements de santé investissent massivement dans les innovations médicales : chirurgie robotique, imagerie interventionnelle, médecine de précision ou rééducation robotisée. Ces technologies permettent des soins plus précis, moins invasifs et réduisent les complications comme les durées d’hospitalisation et les arrêts de travail.

Mais notre système de financement n’a pas suivi. Les coûts d’équipement, de maintenance et de consommables ne sont pas compensés par l’Assurance Maladie. Résultat : les établissements absorbent seuls des surcoûts considérables pour maintenir l’accès des patients aux technologies les plus avancées. Autrement dit, plus un établissement innove, plus il fragilise sa situation financière en soignant à perte. C’est le paradoxe français. Avec 46% des cliniques et hôpitaux privés en déficit en 2025, ce modèle devient intenable et menace l’accès des patients aux soins et aux technologies les plus avancées.

Mieux financer l’innovation n’est pas une dépense supplémentaire : c’est un investissement stratégique pour une médecine plus efficace, plus précise, plus sûre et génératrice d’économies durables pour le système de santé.

 Notre proposition

Un véritable financement de l’innovation médicale doit être mis en place afin de garantir à tous les patients un accès équitable aux meilleures technologies de soins. Sortons d’un système absurde où l’innovation est traitée comme un coût à subir, alors qu’elle constitue un levier majeur de qualité et d’efficience.

La preuve par l’exemple

Aujourd’hui, une clinique privée qui investit dans un robot chirurgical pour offrir une médecine moins invasive, plus sûre et plus rapide à ses patients, est pénalisée. A titre d’exemple, le robot chirurgical Da Vinci Surgical System, déployé dans de nombreux établis-sements, permet de réaliser des interventions urologiques, digestives ou gynécologiques avec une précision accrue.

Actuellement, chaque intervention innovante coûte structurellement à l’établissement de santé : coût d’acquisition du robot (1,5 à 2,5 millions d’euros), auquel s’ajoutent le coût de maintenance annuel (100 000 à 200 000 euros) et le surcoût par intervention, non financé, des consommables à usage unique (1 000 à 1 500 euros).

Ce système décourage l’innovation qui devient un centre de coûts et non un levier de performance au service de la santé des patients.

Documents à l’appui

Article paru dans la revue Médecine/Sciences n° 2, vol. 42, février 2026 : Robotique en radiologie interventionnelle oncologique. De l’innovation technologique à la médecine personnalisée.

La robotique en radiologie interventionnelle oncologique représente une avancée significative vers la médecine de précision, où chaque geste est optimisé pour atteindre des cibles complexes tout en minimisant les risques interventionnels. Les bénéfices observés (précision, temps opératoire, radioprotection) sont prometteurs […]. Si les progrès continuent, les systèmes robotiques pourraient devenir un outil standard dans la prise en charge diagnostique et thérapeutique en oncologie, en offrant une alternative plus sécurisée et efficace aux techniques traditionnelles et en facilitant l’accès à des traitements oncologiques de haute précision.

Les leviers de la réussite

  • Adapter la tarification pour prendre en compte l’évolution des pratiques médicales : créer des suppléments tarifaires pour les actes robotisés et intégrer le coût des consommables ;
  • Réformer le référentiel des actes innovants hors nomenclature (RIHN) pour mieux couvrir les coûts réels et simplifier les procédures ;
  • Réduire drastiquement les délais d’évaluation de la Haute Autorité de Santé (HAS).

POUR UNE TRANSFORMATION NUMERIQUE DANS UN CADRE DE CONFIANCE

Nos solutions pour accompagner la transformation numérique afin d’améliorer la prise en charge des patients, adapter les pratiques professionnelles et permettre l’usage des données de santé

PROPOSITION #12

Bâtir un cadre de confiance, socle de la transformation numérique

Le constat

Le déploiement du virage numérique et l’imbrication des acteurs de santé ont massifié les échanges de données de santé et augmenté la vulnérabilité des acteurs. Hôpitaux, cliniques, laboratoires, professionnels de santé : aucun acteur n’est désormais à l’abri de cyberattaques.

Dans ce contexte, la gestion du risque cyber est une exigence, dans un environnement technologique et géopolitique qui porte la cybermenace comme systémique, durable et croissante.

La réponse doit être tout autant systémique et durable. Elle requiert une anticipation des organisations et une maturité des systèmes d’information face au risque. La confiance dans le développement numérique est une condition sine qua non à son usage et donc à ses apports dans les pratiques et organisations. Car sans confiance, il n’y aura ni partage sécurisé des données, ni transformation numérique réussie.

 Notre proposition

Bâtissons un cadre de confiance durable pour protéger les patients, sécuriser les soins et accélérer l’innovation.

Pour le risque cyber, il ne s’agit pas de construire une politique réactive à un fait avéré, mais de se projeter dans un système susceptible de faire face à un risque connu.

C’est donc au niveau territorial que doivent se bâtir les organisations, avec une analyse mutualisée des dépendances des activités hospitalières et des moyens alloués pour répondre à l’enjeu : la sécurité des acteurs essentiels à la Nation et la souveraineté nationale.

La situation économique des établissements de santé ne permet pas de soutenir une telle trajectoire sans un accompagnement pérenne à la hauteur des besoins, qui semble relever davantage du budget de l’Etat au titre de la sécurité nationale que des dépenses d’Assurance Maladie.

Le coût social et sociétal d’une cyberattaque peut s’avérer bien plus important qu’un accompagnement structurel des acteurs de santé.

La preuve par l’exemple

Les établissements de santé sont attaqués parce que les données médicales « valent de l’or ». Contrairement aux informations bancaires, pouvant être désactivées en cas de fraude, les dossiers médicaux contiennent des données personnelles permanentes et extrêmement sensibles : antécédents médicaux, numéros de sécurité sociale, prescriptions, résultats d’examens. Selon un rapport de l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), de telles informations peuvent se vendre jusqu’à 50 fois plus cher qu’un numéro de carte bancaire sur le dark web. Dans une étude d’IBM publiée en 2023, le coût moyen d’une cyberattaque sur un établissement de santé s’élève à 7,1 millions d’euros.

Tout ceci a un impact sur la confiance des patients, qui se montrent de plus en plus réticents à partager leurs données, et porte préjudice à la transition numérique du secteur médical, rendant plus difficile l’adoption d’outils tels que le Dossier médical partagé (DMP) ou la télémédecine.

Documents à l’appui

Selon le Panorama de la cybermenace de l’ANSSI de 2025, « la santé est le troisième secteur d’activité qui a le plus connu d’incidents cyber. »

Rapport de la Cour des Comptes d’octobre 2024 : La sécurité informatique des établissements de santé :

En 2023, 10 % des victimes de cyberattaques en France étaient des établissements de santé. Leur vulnérabilité est liée notamment à l’interconnexion accrue de leurs systèmes d’information avec l’extérieur et au sous-investissement chronique dans le numérique. Ces attaques peuvent avoir de graves effets sur le fonctionnement des établissements et sur la prise en charge des patients. Les autorités publiques ont réagi avec retard en finançant sur cinq ans un programme de prévention et de protection. Cette dynamique doit être poursuivie.

Les leviers de la réussite

  • Reconnaitre un financement pérenne de l’Etat au titre de la sécurité nationale ;
  • Accélérer la maturité des services d’information des établissements de santé ;
  • Engager les moyens de formation nécessaires des professionnels, initiale et continue ;
  • Créer sur chaque territoire une dynamique d’échanges entre les acteurs pour construire une gestion commune de crise et ainsi permettre la continuité des soins.

PROPOSITION #13

Faire de l’usage des données de santé, un vecteur de performance du système de santé

Le constat

La France dispose de l’un des patrimoines de données de santé les plus riches au monde. Pourtant, ce potentiel reste largement sous-exploité.

Alors que les données de santé peuvent transformer la recherche, améliorer les soins, accélérer l’innovation et mieux piloter les politiques publiques, leur accès demeure complexe et insuffisamment structuré.

Dans le même temps, les enjeux de souveraineté numérique deviennent majeurs. Les données de santé constituent un actif stratégique national qu’il faut protéger, structurer et valoriser.

Si rien ne change, la France prendra du retard dans la compétition mondiale autour des technologies de santé et de l’intelligence artificielle médicale.

 Notre proposition

Faisons de l’usage des données de santé un moteur de performance, d’innovation et de souveraineté sanitaire.

Les entrepôts de données de santé hospitaliers (EDSH) sont des infrastructures essentielles du système de santé. Ils doivent devenir des infrastructures stratégiques pour renforcer la qualité des soins, améliorer le pilotage des politiques de santé, développer la recherche clinique et accélérer l’innovation médicale.

Pour les acteurs hospitaliers privés, les EDSH représentent un outil structurant pour la recherche médico-économique, l’amélioration continue de la qualité des soins ainsi que l’intégration plus complète dans la recherche française. Le secteur privé y contribue de plus en plus malgré un soutien historique au secteur public en la matière.

Enfin, les EDSH sont un levier d’innovation, favorisant les collaborations transversales public-privé, institutionnelles, universitaires, industrielles et multicentriques.

La preuve par l’exemple

L’activité de recherche clinique ne cesse de croître et de se structurer dans le secteur de l’hospitalisation privée, au sein de GCS (groupements de coopération sanitaire) privés qui constituent de véritables incubateurs d’idées et d’innovation. Les sujets de recherche portent sur toutes les spécialités développées dans les cliniques et hôpitaux privés, avec de nombreux partenariats tissés et des publications reconnues scientifiquement au niveau international. Un GCS travaille par exemple sur le parcours de santé des malades chroniques et des personnes fragilisées, pour favoriser le dévelop-pement de nouvelles pratiques thérapeutiques et organisationnelles. Dans ce cadre, l’usage de la donnée est un enjeu stratégique.

Documents à l’appui

Dans le cadre de la mission confiée en 2023 à Jérôme Marchand-Arvier par les ministres de l’Economie, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, et de la Santé, il est préconisé d’arbitrer la question de l’hébergement de la plateforme des données de santé – Health data hub – et de refonder son positionnement, d’alléger la réglementation et d’accélérer la mise à disposition des données de santé, de renforcer le pilotage interministériel, de consolider le modèle économique des bases de données et renforcer leur interopérabilité et leur visibilité, de poursuivre l’enrichissement du patrimoine de données, de renforcer la transparence vis-à-vis des patients et de faciliter l’exercice de leurs droits.

Les bases de données de santé font partie de notre patrimoine immatériel et national. Elles sont (…) une source de richesse qu’il faut organiser, faire croître, protéger, et partager. (…) La stratégie nationale des données de santé vise à coconstruire une trajectoire commune, cohérente et ambitieuse pour démultiplier la constitution de bases de données et l’usage secondaire des données de santé.

Les leviers de la réussite

  • Consolider un catalogue national de métadonnées de santé au sein du HDH (Health Data Hub) et de l’EEDS (Espace européen des données de santé) afin de donner de la visibilité sur le patrimoine de données de santé français et de soutenir un accès facilité aux données ;
  • Constituer des bases de données structurées et « data managées » réutilisables, susceptibles d’être appariées selon un cadre d’inter-opérabilité ;
  • Simplifier les procédures de mise à disposition des bases de données ;
  • Construire un cadre de financement de la donnée de santé opposable à l’ensemble des acteurs ;
  • Migrer le stockage de données par le HDH dans un environnement souverain.
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