Santé 2027
le devoir d’agirÉlection présidentielle 2027
Les propositions des cliniques et hôpitaux privés
Éditorial
Dans un contexte de contraintes économiques croissantes, de mutations démographiques et épidémiologiques majeures, et d’instabilité géopolitique, la France ne peut plus se permettre de subir : elle doit faire des choix clairs et assumer une responsabilité collective.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le véritable enjeu est celui de la soutenabilité de notre système de santé : comment garantir durablement à chaque Française, à chaque Français, un accès à des soins de qualité, sur l’ensemble du territoire ?
Ce débat ne peut éluder aucune des questions fondamentales qui condi-tionnent l’avenir de notre système. Quel maillage territorial voulons-nous pour répondre aux besoins de la population ? Quel mode de régulation est le plus à même de favoriser l’accès aux soins, l’innovation et l’efficience ? Quel niveau de financement la Nation est-elle prête à consacrer à sa politique de santé et selon quelles priorités ? Plus largement, quels arbitrages collectifs sommes-nous prêts à assumer pour préserver un modèle solidaire tout en assurant sa pérennité ?
Les propositions de la Fédération de l’Hospitalisation Privée pour l’élection présidentielle de 2027 ne constituent pas une addition de mesures sectorielles. Elles s’inscrivent dans une approche systémique visant à répondre à une exigence centrale : rendre notre système de santé durablement soutenable. Elles reposent sur une conviction simple : il est possible de concilier maîtrise des dépenses publiques, amélioration de la qualité des soins, innovation organisationnelle et accès équitable pour tous les patients.
Les chiffres sont sans appel. Entre 2020 et 2026, l’Objectif national de dépenses d’Assurance Maladie (Ondam) a progressé de 70 milliards d’euros, sans que cette augmentation se traduise par une amélioration proportionnelle de l’accès aux soins ou de la satisfaction des Français. Délais de prise en charge qui s’allongent, tensions sur les professionnels, inégalités territoriales persistantes : les signaux d’alerte se multiplient. 51 % des Français anticipent une baisse de la qualité des soins dans les années à venir. Notre système de santé est aujourd’hui confronté à un défi majeur : continuer à répondre aux besoins de la population dans un cadre financier qui n’est plus extensible.
Face à cette situation, il ne peut y avoir ni opposition stérile entre les acteurs ni réponses fragmentées. La force du système de santé français réside dans la complémentarité de ses composantes : établissements publics, établissements privés, médecine de ville, secteur médico-social. Tous sont indispensables à la construction d’une offre de soins accessible, efficiente et adaptée aux réalités des territoires. L’hospitalisation privée, par sa capacité d’adaptation, d’innovation et d’effi-cience, constitue l’une des réponses concrètes à ces défis, aux côtés de l’ensemble des acteurs du système.
Répondre aux grands enjeux de santé publique – gagner dix années d’espérance de vie en bonne santé, réduire durablement la prévalence de l’obésité infantile, mieux prévenir les maladies chroniques et accompagner le vieillissement de la population – exige désormais une transformation profonde des politiques publiques. Cette transformation suppose de dépasser les logiques de cloison-nement, de privilégier la pertinence et les résultats des soins, d’inscrire l’action dans une trajectoire pluriannuelle lisible, d’évaluer systématiquement le service rendu au patient et de valoriser les organisations les plus performantes.
Lamine Gharbi, Président de la FHP
Le statu quo n’est plus une option. Il est temps d’agir. Les solutions existent.
NOS 4 AMBITIONS
Ce dont nous ne voulons pas
- Une absence de débat sur les moyens d’assurer la soutenabilité du système de santé et singulièrement de l’offre hospitalière
- Une vision dogmatique portée sur l’hospitalisation privée alors que les 1030 cliniques et hôpitaux privés représentent 35% de l’activité hospitalière et sont indispensables au système de santé français
- Des arbitrages non concertés et des mesures non évaluées, comme on a pu le vivre sur les réformes de financement des soins médicaux et de réadaptation et de la psychiatrie
- Des décisions contre-éthiques qui ne servent pas l’intérêt général, telle qu’une autorisation de cancérologie octroyée à un hôpital public qui n’atteint pas les seuils au détriment d’une clinique privée qui les atteint
- Une moindre considération à l’égard des professionnels de santé du secteur privé, alors qu’ils remplissent les mêmes missions pour les patients
- Une vision uniquement comptable des enjeux de santé, de qualité et de pertinence, au lieu de privilégier la santé publique et l’efficience
- La contrainte et la coercition en lieu et place de la confiance et de la contractualisation
- Une complexité inutile dans l’organisation des territoires et dans les injonctions administratives
À propos de nous
La Fédération de l’Hospitalisation Privée rassemble les 1030 cliniques et hôpitaux privés de France. La FHP est une organisation professionnelle engagée, actrice du système de santé et apporteuse d’idées nouvelles au service du bien commun qu’est la santé.
L’hospitalisation privée, qui soigne 9 millions de personnes par an
(dont 2,8 millions en urgence), est présente partout en France pour répondre aux besoins de soins des populations. 84% des Françaises et des Français vivent à moins de 30 minutes d’un établissement de santé privé, soit 55 millions de personnes.
35 % de l’activité hospitalière est réalisée par l’hospitalisation privée, avec 17 % seulement des ressources de l’Assurance Maladie :
- 54 % des actes de chirurgie
- 37 % des prises en charge pour un cancer
- 15 % des naissances en maternité
- 22 % de l’activité de psychiatrie
- 42 % des soins médicaux et de réadaptation
- 22 % de l’hospitalisation à domicile
- 37 % des patients atteints d’insuffisance rénale chronique
- 23 % des soins palliatifs
Les cliniques et hôpitaux privés sont des employeurs majeurs sur les territoires, créateurs d’emplois de qualité et pérennes : 170 000 salariés, 40 000 médecins.