Santé 2027

le devoir d’agir

Élection présidentielle 2027
Les propositions des cliniques et hôpitaux privés

ASSURER UN ACCÈS AUX SOINS POUR TOUS, PARTOUT SUR LE TERRITOIRE

LES ACTEURS DE SANTÉ ENSEMBLE AU SERVICE DES PATIENTS

Notre solution pour favoriser la coopération entre le secteur public et le secteur privé au service des patients 

PROPOSITION #05

Construire un véritable Service public de santé fondé sur les missions exercées et non sur le statut des établissements

Le constat

Notre système de santé repose sur tous ses acteurs – établissements publics et privés, professionnels de ville et secteur médico-social – qui contribuent ensemble à garantir le droit à la protection de la santé. L’hospitalisation privée constitue un acteur essentiel de l’accès aux soins sur les territoires. Pourtant, notre organisation continue d’opposer les acteurs selon leur statut plutôt que de les évaluer à l’aune du service rendu aux patients. Cette logique entretient des inégalités de traitement, freine les coopérations et empêche de mobiliser pleinement toutes les capacités de soins disponibles pour les patients.

La notion de Service public hospitalier entretient ces divisions entre « public » et « privé » et conduit à des différences de traitement et de financement injustifiables au regard de la réalité du système de santé. À l’heure où les tensions hospitalières s’aggravent et où l’accès aux soins se dégrade dans de nombreux territoires, la France ne peut plus se permettre de laisser des ressources disponibles à l’écart pour des raisons idéologiques ou statutaires. Les établissements de tous statuts peuvent répondre aux mêmes besoins de santé et assurer, ensemble, les missions nécessaires à la prise en charge des patients.

 Notre proposition

La France a l’opportunité de bâtir un véritable Service public de santé. Tout acteur autorisé et financé par la solidarité nationale doit voir reconnue sa contribution au Service public de santé selon un cahier des charges valorisant l’accessibilité, la qualité de la prise en charge et la disponibilité du service. Sortons définitivement d’une logique de concurrence administrée entre acteurs pour construire une logique de complémentarité organisée au service des patients.

La preuve par l’exemple

Lors de la crise sanitaire du Covid-19, les établissements publics et privés, les professionnels de ville et les structures médico-sociales ont démontré leur capacité à agir ensemble avec efficacité.

En Ile-de-France, fin mars 2020, 300 places de réanimation ont été créées en 48 heures par l’hospitalisation privée à la demande de l’Agence Régionale de Santé. Des praticiens hospitaliers ont pu intervenir rapidement au sein des établissements de santé privés, alors même que les règles habituelles imposent des procédures administratives lourdes pour permettre cette coopération (création d’un groupement de coopération sanitaire). Si près de 100 services de réanimation privés ont été autorisés pour répondre aux besoins lors de la pandémie, ils ont ensuite été fermés. La crise a révélé une évidence : lorsque l’urgence l’impose, les barrières statutaires disparaissent. Rien ne justifie qu’elles réapparaissent ensuite au détriment des patients.

Documents à l’appui

Rapport de la Cour des Comptes d’octobre 2023 : Les établissements de santé publics et privés, entre concurrence et complémentarité

 Un consensus se dégage progres-sivement sur l’importance d’associer tous les praticiens, y compris les médecins libéraux des établissements de santé privés, au service public hospitalier.

Article 2 de la proposition de loi de programmation en santé, n°1836, du 7 novembre 2023

 L’article 2 contribue à se doter des outils permettant la mise en œuvre d’une telle politique, en dotant le système de santé d’un cadre, le service public de santé, incluant tous les acteurs dès lors qu’ils remplissent la même mission. Cette notion présente à la fois l’intérêt d’apporter l’unité qui fait aujourd’hui défaut à notre système de santé mais également de décloisonner le sanitaire et le médico social dans une logique de parcours.

 

Les leviers de la réussite

  • Conforter les Agences Régionales de Santé dans leurs missions de régulation de toute l’offre de soins et les délester de la tutelle de l’hôpital public ;
  • Définir de manière précise et transparente les missions de service public, qui doivent pouvoir être exercées par tout acteur capable de les assurer dans le respect d’exigences clairement établies ;
  • Garantir une stricte équité de financement et de régulation entre acteurs exerçant les mêmes missions ;
  • Organiser et faciliter les coopérations territoriales entre hôpital public, hospitalisation privée, médecine de ville et secteur médico-social pour répondre aux besoins et assurer des parcours de soins fluides pour les patients ;
  • Faire du service rendu aux patients le premier critère d’organisation du système de santé ;
  • Appliquer un principe simple et juste : un même patient, un même tarif ;
  • Donner aux Agences régionales de santé des objectifs de coopération territoriale opposables.

Pour une alliance territoriale de santé

Notre solution pour rendre opérationnelle la responsabilité territoriale de tous les acteurs de santé sur un territoire

PROPOSITION #06

Instaurer un Pacte territorial de responsabilité en santé

Le constat

Le système de santé français reste organisé en silos. Dans un contexte de contraintes budgétaires et de besoins croissants, une évolution profonde de l’organisation du système de santé est nécessaire afin d’engager l’ensemble des acteurs autour d’objectifs communs.

Pourtant, les politiques de santé continuent d’être déclinées à travers une multitude de dispositifs, souvent sans objectifs communs, et les querelles de statut l’emportent trop souvent sur la recherche du meilleur parcours pour le patient.

 Notre proposition

Instaurons une alliance territoriale de santé, à travers un pacte territorial de responsabilité en santé engageant l’ensemble des acteurs d’un territoire — établissements publics et privés, médecine de ville, médico-social, financeurs et régulateur — autour de résultats mesurables en matière de santé publique. Cela rendra effective la responsabilité territoriale déjà prévue par la loi. Ce Pacte déclinera, dans chaque territoire, les objectifs fixés par la Stratégie nationale de santé, avec une évaluation annuelle et des résultats rendus publics. 

L’objectif est de passer d’une logique de juxtaposition des acteurs à une logique de responsabilité collective au service des patients.

Le Pacte territorial prendra la forme d’un contrat contenant les engagements de chacun. Une part des crédits territoriaux, notamment du Fonds d’intervention régional, sera mobilisée pour soutenir les actions engagées. Lorsque les objectifs sont atteints, les acteurs du territoire bénéficient collectivement de marges de manœuvre supplémentaires. Ainsi, l’ensemble des acteurs a intérêt à travailler ensemble vers un objectif commun et à privilégier l’organisation la plus efficiente pour le patient.

La preuve par l’exemple

Depuis plus de dix ans, les États-Unis ont développé des Accountable Care Organizations (ACO), des organisations territoriales réunissant hôpitaux, médecins de ville, structures de soins et assureurs autour d’objectifs communs de santé publique.

Les acteurs d’un territoire sont collectivement responsables de la qualité des soins, de la coordination des parcours et de la maîtrise des dépenses pour une population donnée. Les résultats sont mesurés à partir d’indicateurs publics (prévention, hospitalisations évitables, satisfaction des patients, qualité des parcours, coûts). Lorsque les objectifs sont atteints, les économies réalisées sont partagées entre les acteurs du territoire, créant une forte incitation à coopérer.

En France, l’État a déjà mis en place, dans le domaine de la transition écologique, des contrats territoriaux associant collectivités, opérateurs publics et acteurs économiques autour d’objectifs mesurables. Chaque acteur s’engage sur des objectifs communs, financés en partie par des crédits territoriaux, avec un suivi régulier des résultats. Les territoires obtenant les meilleurs résultats bénéficient de moyens et de marges de manœuvre supplémentaires.

La santé doit suivre cette même logique : sortir des logiques en silo pour construire une responsabilité collective territoriale au service des patients.

Documents à l’appui

Rapport du HCAAM de juin 2025 : Les leviers d’action pour un système de santé efficient et solidaire

La mission de service public à la population doit être une responsabilité partagée par l’ensemble des professionnels. Il faut poursuivre dans cette voie d’une plus grande responsabilité populationnelle, partagée entre tous les acteurs (ville, hôpital), publics et privés. L’organisation collective doit permettre que des attentes fondamentales des patients soient satisfaites, au bon niveau. (…) C’est en développant cette implication solidaire au sein des territoires que l’on apportera des solutions pérennes à l’engorgement des urgences et à la mobilisation inappropriée des moyens hospitaliers. 

Les leviers de la réussite

  • Inscrire le Pacte territorial de respon-sabilité en santé dans le Code de la santé publique ;
  • Définir des objectifs territoriaux mesurables et évalués annuellement ;
  • Repenser la carte hospitalière à partir de la qualité des soins et de l’efficience des parcours.

UN ACCÈS AUX SOINS PRÈS DE CHEZ VOUS

Nos solutions pour répondre aux besoins de santé de proximité des Françaises et des Français

PROPOSITION #07

Soutenir massivement les dispositifs d’« aller vers » pour garantir un accès rapide à des soins de proximité

Le constat

Partout sur le territoire, obtenir rapidement une consultation médicale devient de plus en plus difficile. Cette situation alimente directement l’engorgement des urgences pour des soins qui pourraient être pris en charge plus simplement et plus près du domicile des patients.

Si rien ne change, les délais d’accès aux soins continueront de s’allonger, les urgences resteront saturées et les patients seront les premiers pénalisés : renoncements aux soins, aggravation des pathologies, perte de chance.

Pourtant, des solutions existent déjà. Avec 55 millions de Français vivant à moins de 30 minutes d’un établissement privé, notre pays dispose d’un maillage territorial puissant qu’il faut pleinement mobiliser. Les consultations avancées et les centres de consultations non programmées développés par les cliniques et hôpitaux privés permettent d’apporter des réponses concrètes à des besoins immédiats de santé sans passer par les urgences.

La France doit bâtir une véritable médecine de proximité articulée autour de parcours fluides entre médecine de ville, consultations non programmées et établissements de santé.

 Notre proposition

Les dispositifs d’« aller-vers » permettent de proposer une réponse médicale adaptée dans des délais compatibles avec les besoins réels des patients, sans mobiliser inutilement les ressources hospitalières lourdes.

Ces dispositifs doivent être pleinement intégrés dans l’organisation territoriale des soins et reconnus comme une composante essentielle de l’accès aux soins.

La preuve par l’exemple

Les cliniques et hôpitaux privés proposent des consultations de traumatologie et de médecine sans rendez-vous, avec des examens sur place sur des horaires élargis et une orientation rapide vers des spécialistes. Cela favorise ainsi une offre de proximité, rapide, non programmée, intermédiaire entre médecine de ville et urgences. Ces structures démontrent chaque jour qu’il est possible de construire une réponse efficace entre le cabinet médical traditionnel et l’hôpital.

Documents à l’appui

Rapport de l’IGAS d’octobre 2025 : Evaluation des centres de soins non programmés, mieux structurer l’offre

Les dispositifs tels que les centres de consultations non programmées ou les consultations avancées prennent en charge des situations ne relevant pas de l’urgence vitale mais pour lesquelles une prise en charge […] est souhaitable en moins de 48 heures , contribuant ainsi à améliorer l’accès rapide à une consultation médicale. Ils participent également à une meilleure allocation des ressources hospitalières en constituant une offre utile permettant de décharger les urgences de la prise en charge de patients ne nécessitant pas la mobilisation de moyens hospitaliers. 

Les leviers de la réussite

  • Développer une logique de complé-mentarité et de non-concurrence entre les missions des acteurs (médecine de ville, établissements de santé et urgences…) ;
  • Améliorer l’orientation des patients via le Service d’Accès aux Soins et les plateformes territoriales ;
  • Informer massivement le grand public sur l’existence de ces dispositifs ;
  • Créer un modèle de financement pérenne pour les dispositifs d’« aller-vers » ;
  • Développer des autorisations et financements dédiés pour l’ambulatoire en santé mentale ;
  • Reconnaître et financer le temps médical consacré à ces missions ;
  • Mettre en place des incitations à la participation des professionnels ;
  • Garantir une articulation systématique entre médecine de ville et médecine hospitalière ;
  • Adosser ces dispositifs à un plateau technique permettant un accès rapide à l’imagerie, à la biologie et aux avis spécialisés.

PROPOSITION #08

Faire des établissements de soins médicaux et de réadaptation un pilier de la réponse au vieillissement et aux maladies chroniques

Le constat

Le système de santé français fait face à une transformation majeure : vieillissement de la population, explosion des maladies chroniques et augmentation des polypathologies et de la perte d’autonomie.

Pourtant, notre organisation reste encore centrée sur les soins aigus, alors que les enjeux de demain sont ceux de la récupération fonctionnelle, du maintien de l’autonomie et de l’accompagnement dans la durée.

Les établissements de soins médicaux et de réadaptation (SMR) disposent précisément de cette expertise indispensable. Ils assurent des prises en charge spécialisées permettant de prévenir les complications, réduire les handicaps, restaurer les capacités fonctionnelles et favoriser le retour à la vie familiale, sociale ou professionnelle après une chirurgie lourde, un AVC, un cancer ou une décompensation de maladie chronique.

Sans renforcement des filières SMR spécialisées, le système de santé sera rapidement confronté à une impasse : une augmentation des réhospitalisations évitables, une dégradation de la dépendance et des pertes d’autonomie, des ruptures sociales. Le coût humain sera immense. Le coût économique le sera tout autant : les maladies chroniques représentent déjà 52 milliards d’euros par an, soit près de 2 % du PIB.

 Notre proposition

Faire des établissements de soins médicaux et de réadaptation un pilier stratégique de la politique de santé face au vieillissement et aux maladies chroniques.

Les établissements SMR constituent un maillon essentiel d’une médecine moderne fondée non seulement sur le soin, mais aussi sur la récupération, la réadaptation et la prévention de la dépendance.

Reconnaissons pleinement leur rôle dans les parcours de soins et soutenons le développement de prises en charge spécialisées adaptées aux grands enjeux sanitaires des prochaines décennies : gériatrie, obésité, neurologie, oncologie, maladies neurodégénératives, réadaptation cardiovasculaire et respiratoire.

La preuve par l’exemple

En 2024, le taux de réhospitalisation était de 12,7 % en population générale et de 18,4 % pour les patients âgés de 75 ans et plus. Le taux d’hospitalisations potentiellement évitables était de 5,21 % en population générale contre 25,33 % pour les patients âgés de 75 ans et plus. Ces hospitalisations aiguës sont fréquemment favorisées par la décompensation de maladies chroniques, souvent associées à une fragilité fonctionnelle et à une polymorbidité chez les sujets âgés. Le renforcement des parcours des patients âgés, incluant une prise en charge en établissements de soins médicaux et de réadaptation, permettrait une meilleure stabilisation des maladies chroniques, une réduction des complications et des réhospitalisations précoces, notamment après chirurgie orthopédique ou après une chimiothérapie lourde entraînant une perte fonctionnelle importante.

Une étude de cohorte portant sur des patients âgés de 65 ans et plus après chirurgie de hanche, publiée dans European Geriatric Medicine, montre qu’une rééducation précoce et structurée avant le retour au domicile est associée à une diminution des réhospitalisations à 30 jours.

Documents à l’appui

Selon une analyse du cabinet Asterès de février 2026, « Le fardeau de sept maladies chroniques en France », le coût annuel des maladies chroniques s’élève à 52 milliards d’euros en France, soit environ 1,9% du produit intérieur brut.

Parmi celles-ci, l’obésité, en sus de son coût humain, représente le coût économique le plus important – 18 milliards d’euros – en raison des nombreuses complications qu’elle entraîne. En 2024, l’obésité serait la cause de plus de 7 millions de cas de pathologies, traitements et épisodes de soins en France, ainsi que de plus de 68 000 décès.

La contribution de tous les acteurs de santé est donc essentielle. Les établissements de santé privés, notamment de soins médicaux et de réadaptation, ont développé des filières de prises en charge spécialisées à destination des personnes souffrant d’obésité, qu’il convient de préserver.

Les leviers de la réussite

  • Adapter les modalités de financement pour les établissements SMR développant des prises en charge spécialisées, en réponse aux pathologies chroniques croissantes (obésité, gériatrie, Alzheimer, Parkinson, neurologie…), selon le principe : une prise en charge spécialisée, un financement adapté ;
  • Financer l’activité réellement réalisée plutôt que des capacités théoriques ou des lits fermés ;
  • Mieux intégrer les établissements SMR dans les parcours territoriaux de soins.

EN PRÉVENTION, CHAQUE CONTACT COMPTE

Notre solution pour engager des actions de prévention primaire au sein des établissements de santé 

PROPOSITION #09

Faire de chaque contact avec le système de santé une action de prévention personnalisée sur sept priorités majeures de santé publique

Le constat

La France continue de consacrer l’essentiel de ses moyens à soigner des maladies que nous aurions pu prévenir. Cancer, diabète, obésité, maladies cardiovasculaires, insuffisance rénale chronique, troubles psychiques ou perte d’autonomie : notre système de santé intervient encore trop souvent tardivement, lorsque les pathologies sont déjà installées.

Par manque de stratégie claire, de financements dédiés et d’objectifs assumés, la prévention reste le parent pauvre de notre politique de santé. Si rien ne change, les maladies chroniques continueront de progresser, les inégalités de santé de se creuser et les dépenses de santé d’exploser.

Notre système de santé doit impérativement prendre le virage de la prévention, avec un objectif clair : gagner dix ans d’espérance de vie en bonne santé d’ici 2035.

Faire de la prévention une mission pleinement intégrée aux prises en charge constitue un levier majeur de transformation du système de santé. Chaque consultation, chaque hospitalisation, chaque passage dans un service de soins est une occasion unique de sensibiliser, détecter précocement, accompagner et prévenir. D’autant que les établissements de santé disposent d’un atout majeur : la confiance des Françaises et des Français.

Aujourd’hui, des initiatives remarquables de prévention primaire sont engagées au quotidien dans les établissements de santé. Mais faute de reconnaissance suffisante et de moyens pérennes, elles ne tiennent que sur l’engagement des équipes.

 Notre proposition

Chaque point d’entrée dans le système de santé doit devenir une opportunité d’engager une action de prévention personnalisée autour de sept priorités majeures : le cancer, les maladies cardiovasculaires, l’insuffisance rénale chronique, le diabète, l’obésité, la perte d’autonomie, la santé mentale.

Les établissements de santé sont des lieux privilégiés pour passer des messages de prévention et les enraciner dans des actions concrètes.

Faisons du principe « chaque contact compte » une priorité nationale de santé publique.

La preuve par l’exemple

De la démarche des « 1000 jours » dans les maternités à l’anticipation des fragilités et de la perte d’autonomie chez les sujets âgés avec des programmes de prévention comme ICOPE (Integrated Care for Older People) ; du relais des grandes campagnes de sensibilisation et de dépistage aux liens avec les associations, les écoles et les entreprises ; de la santé environnementale à la prévention à destination des professionnels de santé, partout en France, les cliniques et les professionnels qui y exercent démontrent déjà l’efficacité d’une prévention intégrée aux soins.

A titre d’exemple, la clinique Mirabeau à Eaubonne mène une démarche exemplaire de prévention et de sensibilisation sur les dangers de la consommation et de l’addiction au protoxyde d’azote. Cette action associe campagnes d’information, témoignages d’anciens consommateurs et prise en charge neurologique des patients pour leur réapprendre à marcher. Elle illustre ce que doit devenir notre système de santé : un système capable d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard.

Documents à l’appui

Rapport IGAS de novembre 2024 :
Le financement des actions de prévention primaire des établissements de santé

 La prévention a un impact majeur sur la réduction de la mortalité et de la morbidité évitables, compte tenu de l’incidence des facteurs liés au comportement sur la santé (…) les établissements de santé constituent un maillon essentiel au côté des autres acteurs, notamment des professionnels de santé libéraux, pour développer la prévention. La démarche Making every contact count, déployée en routine dans les hôpitaux au Royaume-Uni, a montré son efficience. L’information, le dialogue et l’échange entre le professionnel de santé et le patient permettent à ce dernier, à l’occasion de ces interventions brèves, de s’interroger sur ses habitudes et ses comportements liés à la santé en vue d’opérer des changements de mode de vie favorable à sa santé.

(…) Il s’agit de passer à un financement systémique de la prévention, concernant, quel que soit leur statut, les établis-sements de santé de médecine, chirurgie et obstétrique et l’hospitalisation à domicile. L’objectif est celui d’un maillage territorial de la prévention (…).

Les leviers de la réussite

  • Fixer une Stratégie nationale de santé quinquennale coconstruite, définissant des priorités de prévention claires, financées et évaluées ;
  • Définir des objectifs de prévention partagés (exemple : réduction de 20% de la prévalence de l’obésité en France d’ici 2025) ;
  • Embarquer les établissements de santé dans le virage préventif et les intégrer dans les programmes de prévention, tels que le programme de prévention de la dépendance ICOPE (Integrated Care for Older People) ;
  • Flécher des financements pérennes sur la prévention ;
  • Évaluer les démarches de « chaque contact compte » sur la base d’indicateurs robustes et partagés ;
  • Former les professionnels de santé aux enjeux et principes de la prévention primaire ;
  • Accorder une place prioritaire à la prévention en santé mentale et à sa valorisation.
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