Santé 2027
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Les propositions des cliniques et hôpitaux privés
GARANTIR LA SOUTENABILITÉ
DE NOTRE SYSTÈME DE SANTÉ
Accélérer la transformation écologique de notre système de santé
Notre solution pour garantir la continuité des soins face aux risques environnementaux
PROPOSITION #04
Faire de l’adaptation au changement climatique une priorité stratégique du système de santé
Le constat
Les épisodes climatiques extrêmes illustrent la vulnérabilité croissante de notre système de santé. Canicules, inondations, incendies, sécheresses, dégradation de la qualité de l’air ou émergence de nouvelles maladies vectorielles : les effets du changement climatique constituent désormais un défi majeur pour notre système de santé.
Les établissements de santé sont en première ligne. Ils doivent faire face à une augmentation des passages aux urgences lors de ces épisodes climatiques extrêmes, assurer la continuité des soins malgré des infrastructures parfois vulnérables, protéger les patients fragiles et préserver les conditions de travail des professionnels qui exercent en leur sein. Notre système de santé n’est pas suffisamment préparé. Les investissements demeurent dispersés, les stratégies d’adaptation inégales selon les territoires et les établissements de santé ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour anticiper ces nouveaux risques.
Ne pas agir aujourd’hui, c’est exposer demain notre système de santé à des ruptures de prise en charge, à une augmentation des dépenses évitables et à une perte de résilience face aux crises sanitaires.
Notre proposition
Engageons un véritable plan national d’adaptation du système de santé au changement climatique. Ce plan devra faire de la résilience climatique un objectif structurant de la politique de santé en accompagnant les établissements de santé dans la modernisation de leurs infrastructures, la sécurisation de leurs approvisionnements critiques, l’adaptation de leurs organisations et la protection des patients comme des professionnels.
Il devra également intégrer pleinement les enjeux climatiques dans la planification sanitaire, les projets régionaux de santé et les investissements hospitaliers afin que chaque territoire puisse anticiper les risques auxquels il est confronté. L’adaptation au changement climatique et la décarbonation doivent devenir un axe obligatoire et financé de la loi de programmation en santé dont nous appelons de nos vœux, au même titre que les priorités de santé publique et la trajectoire des moyens humains et financiers.
Il s’agit de transformer un risque budgétaire et sanitaire non anticipé en trajectoire pilotée, finançable et évaluable – exactement ce que permet une loi de programmation pluriannuelle. Adapter notre système de santé aux effets du changement climatique, c’est préserver durablement la soutenabilité de notre modèle de santé.
La preuve par l’exemple
À l’international, plusieurs pays ont engagé des programmes d’adaptation des établissements de santé afin de renforcer leur résilience face aux événements climatiques. Ces investissements permettent de limiter les interruptions d’activité, de mieux protéger les patients et de réduire les coûts associés aux crises sanitaires. Le Royaume-Uni a montré la voie dès 2020 avec la stratégie « Delivering a Net Zero National Health Service » : le NHS estime que son système de santé est responsable d’environ 4% des émissions de CO2 du pays, un chiffre deux fois inférieur à celui de la France, preuve qu’une trajectoire pilotée produit des résultats.
Documents à l’appui
Le Haut Conseil pour le Climat, dans son rapport « Agir en cohérence avec les ambitions » (2024), appelle à renforcer l’adaptation du système de santé aux conséquences du changement climatique. Il souligne la nécessité d’investir dans des infrastructures plus résilientes, de mieux préparer les établissements de santé aux événements climatiques extrêmes et d’anticiper leurs impacts sanitaires afin de garantir la continuité des prises en charge. Les bilans des impacts sanitaires des canicules, publiés par Santé publique France sont sans appel. La première estimation de l’impact sanitaire de la canicule du 17 juin au 2 juillet 2026 fait état d’au moins 5 764 décès en excès toutes causes confondues, soit une hausse de plus de 36 % de la mortalité attendue. Cet excès est observé dans toutes les classes d’âge, à l’exception des moins de 15 ans, et est particulièrement marqué dans les régions les plus exposées aux fortes chaleurs. Au total, 92 départements, représentant 98,5 % de la population hexagonale, ont été concernés par cet épisode.
Les leviers de la réussite
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- Adosser un volet climat-santé à une loi de programmation en santé pour lui donner une portée pluriannuelle et opposable ;
- Intégrer systématiquement les risques climatiques dans la planification sanitaire nationale et régionale ;
- Lancer un grand plan de rénovation thermique et énergétique des bâtiments hospitaliers ;
- Accompagner les établissements de santé dans l’élaboration de plans d’adaptation aux risques climatiques ;
- Développer des indicateurs nationaux de suivi de la résilience du système de santé ;
- Consolider des études sur l’impact des températures extrêmes sur la santé physique et psychique et renforcer les actions de prévention, notamment auprès des populations les plus vulnérables.