« Le secteur privé est essentiel à l’accès aux soins » : tels ont été les mots de la ministre de la Santé lors de son discours inaugural du Salon SantExpo mardi dernier, reconnaissant aussi les difficultés financières auxquelles nous avons à faire face. Ces mots trouvent une résonance dans les prises de parole des nombreuses personnalités politiques – ministres, anciens ministres, députés et sénateurs – qui sont venues à notre rencontre lors de ces journées intenses de débats.
En écho aux demandes des acteurs de santé, Stéphanie Rist a reconnu la nécessité d’un « horizon mobilisateur », dont l’une des fondations est la coopération entre tous les acteurs de santé, publics comme privés. Aujourd’hui, sans vision pluriannuelle des ressources, sans Stratégie nationale de santé publiée, sans mobilisation autour des missions transcendant les statuts, cet horizon fait cruellement défaut.
Je retiens aussi les orientations systémiques qui ont été esquissées, destinées à répondre aux enjeux de l’efficience : développement de l’ambulatoire, de l’hospitalisation à domicile, des coopérations territoriales… Ces orientations étant de longue date au cœur de notre plaidoyer, elles doivent à présent trouver une déclinaison concrète. Dans le contexte économique actuel, l’efficience doit être davantage qu’une volonté : c’est un devoir pour assurer la soutenabilité de notre système de santé.
Pour œuvrer sur ces différentes ambitions, la création d’un Comité stratégique national réunissant l’ensemble des acteurs a été annoncée, et nous veillerons à y apporter toute notre contribution. Mais cet horizon ne pourra devenir crédible qu’à condition de sécuriser durablement les moyens de fonctionnement, d’investissement et de formation. L’efficience doit être collective, territoriale et tournée vers le service rendu au patient. La coopération public-privé fonctionne déjà dans de nombreux territoires ; il faut lui donner un cadre stable, lisible et pluriannuel.
Ces sujets majeurs ont été abordés sur le plateau-télé de la FHP avec Alain Milon, Bernard Jomier et Thomas Mesnier qui, pour leurs camps politiques respectifs, bâtissent actuellement des propositions pour la présidentielle. Je retiens aussi les mots de la députée Annie Vidal : « dans l’accès aux soins, notre pays a besoin d’une belle complémentarité de tous les acteurs ». Il y a eu en tout cas, dans cette séquence de SantExpo, des volontés clairement exprimées de porter, au-delà des différences, des plaidoyers communs pour les échéances électorales à venir, et de dessiner « un horizon mobilisateur » à destination des futurs candidats.
Lamine Gharbi
