Au cœur de l’été, plusieurs rapports sont sortis, qui méritent considération au regard de certaines de leurs préconisations pour sortir notre système de santé de l’ornière ; et de leur résonance par rapport aux convictions de notre Fédération.
Le rapport Charges et Produits de la CNAM pour 2027, poursuivant la trajectoire pluriannuelle définie dans le précédent rapport, reprend les trois priorités : prévention, parcours de soins, juste soin au juste prix. Le virage préventif, inscrit dans une stratégie décennale, nécessite « d’identifier les actions de prévention les plus efficaces » et d’objectiver leurs bénéfices sanitaires et économiques à l’horizon 2030. Parmi les autres recommandations : faire de l’engagement patient un levier pour la qualité du parcours de soin, fluidifier le suivi des personnes âgées ou encore œuvrer à la désescalade thérapeutique. La partie dédiée à la santé en outre-mer est bienvenue ; nous avons pris toute notre part ces derniers mois à cet enjeu majeur, à travers notre contribution au rapport du CESE et l’événement organisé avec nos FHP ultra-marines tellement mobilisées. Un regret, que le « nouveau plan chirurgie ambulatoire » soit classé dans les actions « non encore déployées », alors qu’il constitue un levier majeur d’efficience.
Sur l’efficience précisément, un rapport du Medef sur le redressement des comptes publics sorti début juillet consacre une section entière à l’amélioration de l’efficience des dépenses de santé. Il préconise notamment de réinvestir davantage les enjeux de qualité et de pertinence des soins, de travailler sur des parcours de soins fluides pour les malades chroniques (avec des rémunérations adaptées) et « d’encourager l’accompagnement vers l’ambulatoire et le développement de l’hospitalisation à domicile ». Il préconise également de réformer la tarification de l’activité libérale à l’hôpital public. Là aussi, les travaux du Comité des acteurs de santé du Medef, que j’ai l’honneur de présider, ont contribué à ces réflexions.
Enfin, le rapport d’information du Sénat sur la prévention qui vient d’être publié, intitulé « Beaucoup de soin, mais peu de santé » pointe « la force de frappe extraordinaire pour faire progresser la prévention » que constituent les hôpitaux et les cliniques. Nous avions été auditionnés par les rapporteures et plusieurs de nos propositions sont reprises, notamment le principe du « chaque contact compte » : « chaque venue de patient dans un établissement de santé serait transformée en opportunité de prévention ». Soulignant « le foisonnement d’initiatives » témoignant de l’engagement des équipes, les sénatrices Marie-Do Aeschlimann, Nadia Sollogoub et Marion Canales alertent : « en l’absence de financement reposant sur un modèle pérenne construit avec les fédérations hospitalières », le risque de voir les bonnes volontés s’émousser est réel. Le message parlementaire est clair, autour d’un indispensable soutien, clairement identifié, à la dynamique préventive au sein des établissements de santé.
Nous pouvons avoir ici ou là des points de désaccord sur tel point de ces rapports. Mais en dépit de la diversité de leurs émetteurs, on constate de réels éléments de convergence, dans les constats comme dans les préconisations, dressant des perspectives tout à fait dignes d’intérêt pour le prochain quinquennat.
La FHP officialisera ses propositions pour la présentielle en septembre. D’ici là, le « 106 Hebdo » fait une trêve et je vous souhaite à toutes et tous un bel été.
Lamine Gharbi
