23 avril 2026
Édito de Lamine Gharbi (Président de la FHP) – Un euro dépensé, un euro utile à la santé

L’enjeu de l’efficience en santé commencerait-il enfin à faire son chemin dans les hautes sphères ?  A la sortie du Comité d’alerte sur les finances publiques à Bercy, la ministre de la Santé a promis des mesures prochaines sur « l’efficience hospitalière ».

Cette annonce fait notamment suite à la réunion du Comité d’alerte sur le respect de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam), qui a émis lundi son premier avis pour l’année 2026 : celui-ci appelle entre autres à « une grande vigilance à l’égard de la situation financière des établissements publics de santé », ainsi qu’à « un renforcement du pilotage financier de ces derniers ».

« « On doit regarder chaque euro dépensé », a rajouté Stéphanie Rist. Aussi percutante qu’elle soit, la formule mérite d’être précisée et complétée : chaque euro dépensé dans le système de santé doit être évalué à l’aune du service rendu au patient, des activités et des missions réalisées. Cette impérieuse nécessité au regard de la situation dégradée des comptes publics, est au cœur du plaidoyer de notre Fédération.

Réalise-t-on par exemple que plus de 3,6 milliards d’euros de financement ont été alloués à des établissements de SMR et de psychiatrie, essentiellement publics, sur la base de « lits déclarés » et non sur les soins effectivement prodigués ?  La redistribution juste et transparente des moyens alloués vers les activités réalisées pour les patients permettrait de retrouver des marges de manœuvre substantielles pour notre système de santé.

Rappelons-nous le rapport de l’IGAS d’octobre 2024 : « Dès lors que l’on se situe dans un contexte de ressources limitées, le fait qu’une action soit efficace ne suffit pas à justifier sa mise en œuvre. Il convient aussi d’établir qu’elle est efficiente, soit que le rapport entre les ressources engagées et les résultats obtenus est favorable ». Tout est dit.

Nous avons transmis au ministère de la Santé des propositions très concrètes pour concilier économies et amélioration des prises en charge : ambulatoire, prévention, hospitalisations évitables…  Nous avons aussi prôné davantage de transparence, compte tenu de l’opacité, soulignée par les parlementaires, de l’attribution de certaines ressources telles que le FIR (fonds d’intervention régional). Il semblerait que l’avant-projet de loi de décentralisation, dont l’examen est annoncé pour juin, s’en soucie.

Pour que 2026 soit une année utile à la santé, je souhaite donc que ces travaux annoncés sur l’efficience s’engagent rapidement, collectivement, sans tabou et en actionnant les bons leviers pour garantir la soutenabilité de notre système de santé.

Lamine Gharbi

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